__10 ANS !
Dans un contexte où les rues se muent en un désert d’enseignes et où la société se dessèche au grès de la précarisation galopante, du délitement des liens et des burn-out en chaîne, Baz’art oppose la réappropriation de l’espace commun par l’imaginaire. En 10 ans, le credo reste inchangé: faire communauté dans l’une des rues les plus identifiables de la ville par ses couleurs, son activité sociale, culturelle et sa politique de l’habitat associatif. Plateforme de création contemporaine pluridisciplinaire, Bazart opère pour une diffusion artistique urbaine vivante et transforme la rue Lissignol en un heureux espace indiscipliné. Chaque année, c’est plus de 2000 à 3000 personnes qui sont amenés à fouiner, pousser les portes et s’immerger dans des créations et des performances déployées dans la rue, une chambre, une cuisine, une cours…

___Gratuit, participatif et situationniste depuis 2009
Revenant déployer ses tentacules le long de la rue Lisignol du 15 au 16 juin, à mille lieux du formol des musées et des formalités petits fours des galeries, le festival fédérera cette année plus 85 artistes autour de 35 installations, concerts et performances dans un bouillonnement expérimental tous azimuts. Laboratoire populaire et protéiforme, dans le pur esprit des années squats genevois, Baz’art continue de bousculer les œillères et décloisonner la pratique artistique au pied de biche. Une spécialité bien connue des deux têtes chercheuses du festival, Simone Aubert et Claire Mayet, qui mettent la spontanéité au centre d’une programmation placée sous la bannière de l’exploration. Avec une ligne curatoriale centrée sur la scène artistique locale, ponctuée de cartes blanches et de coup de têtes, elles hissent le public au même rang que celui des artistes dans un vivifiant chaos créatif. Quant aux œuvres, elles trouvent leur sens in situ, à travers l’expérience qu’elles génèrent et l’interaction qu’elles provoquent. A contre-poil des tendances du marché de l’art, de l’élitisme de certains habitus ou des litanies institutionnelles, la spécificité de la démarche lui a valu d’être primé lauréat 2016 de la bourse de médiation culturelle. Anti-marchand, populaire et antipopuliste, elle est aujourd’hui celle du Deviant Art Festival et du festival Face Z.

PROGRAMMATION MUSICALE
Toujours fidèle à son penchant pour le défrichage à la machette et les sons du terroir, la programmation musicale de cette édition s’ouvrira par un décollage en centripète avec Fina Fitta, un duo entremêlant sonorités électroniques et comptines médiévales déclamés avec l’entrain d’une procession mentale. Une parenthèse onirique que Maspin et Delphin Deprès se chargeront ensuite de faire déflagrer en agrippant l’oreille dans le va-et-vient d’une arche effilochée, noyée dans la fumée d’un magma sonore. Los Gatillos se feront les griffes au rythme d’un dirty blues embaumant le tabac à chiquer tandis que Space Age Sunset crachera ses réverbérations cosmiques dans un groove évoquant les tropiques d’une exo planète. Profitant de l’humidité ambiante, l’omniprésent Ethios 440 prônera les vertus de la lévitation géostationnaire avec une psyché-soul vaporeuse, lancinante et gesticulatoire. Dimanche, Zafif 1.2 soufflera un siroco voltaïque sur un désert de pixel avec du synth tarab ponctué de chaabi algérien. D’Incise, l’imprésentable spadassin du collectif Insub ouvrira, avec Cyril Bondi (batteur de Cyril Cyril) et Cristian Alvéa, une brèche spatio-temporelle dans laquelle chaque note se verra suspendue sur la corde d’une guitare sèche. Le parrain de l’électronique genevoise, POL détournera 4 Nintendo DS pour en faire une fanfare bruitiste tandis qu’Amami, révélation locale de l’année, distillera un dub éthiopique aussi doux et dansant que les convulsions d’une gélatine sous une pluie d’été. Un moment de grâce que balaiera le frénétique duo libano-suisse, Praed, avec un électro chaabi parsemé de saillies vocales aussi pénétrantes que des RPG dégainés lors d’une procession chiite ayant viré en rave party.

PROGRAMMATION ARTISTIQUE
Pointue et saugrenue, la programmation poussera cette année plus loin l’entrechoquement neuronal avec, en ouverture, une cérémonie d’aérobic sauvage et grotesque du Professeur postérieur qui fera twerker le nerf secret qui relie le séant aux zygomatiques. Le Musée des Objets Manufacturés Intéressant (MOMI) fera convulser d’extase le syndrome de Diogène qui se terre au fond de chacun de nous pendant qu’Andreas Kressing parquera sur le bitume un hors-bord haute-couture et dernier cris pour émoustiller l’imaginaire doré d’une jeunesse qui ne l’est pas. Pendant ce temps, Rucksak Gogol Plex, collectif genevois né de Baz’art, se verra à nouveau attribuer une carte blanche pour planter son bar performatif dans lequel on trouve de tout sauf des boissons. La lausannoise Laure Gonthier questionnera la notion du fétiche via une installation articulée autour de l’imaginaire du matériau et de l’archaïsme prêté la céramique tandis que Sarah Grasman fera tinter les formes aux matières puis les matières aux couleurs et… Inversement. Du côté des curiosités participatives, il y aura un théâtre de doigts dans lequel on verra l’auriculaire déclarer sa flamme à l’index avant de s’attirer les foudres de l’annulaire et un … Toutou Maton, à savoir un photomaton pour chien.

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1-3 Rue Lissigmol
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